Abstract nudes
Cette série explore la décomposition des couleurs à travers des superpositions de courbes qui mettent en scène des corps féminins et masculins.
Construction d’une collection
Origine : le modèle vivant comme point d’ancrage
La collection Abstract nudes s’enracine dans une pratique essentielle : le dessin en atelier de modèle vivant. Chaque séance devient un terrain d’observation où les corps, féminins et masculins, sont abordés non comme sujets à représenter, mais comme réservoirs de lignes, de tensions et de rythmes. Les croquis rapides, les poses longues, les variations de cadrage constituent une matière première abondante, vivante, qui nourrit toute la série.
Sélection : isoler les lignes porteuses
Une fois les dessins réalisés, commence une phase de sélection minutieuse. Les fragments qui dégagent une énergie particulière sont retenus : une courbe qui ouvre l’espace, une épaule qui crée une diagonale, un bassin qui génère une tension.
Cette étape permet d’identifier les éléments qui deviendront les structures de la composition.
Superpositions : un langage plastique
La signature de la collection réside dans le travail de superposition. Les dessins choisis sont assemblés, combinés, parfois fragmentés pour créer des zones de densité et des zones d’effacement. Les silhouettes se croisent, se frôlent, se dissolvent. La superposition devient un langage : elle permet de cacher, révéler, déplacer. Elle transforme le nu en architecture chromatique, où le corps n’est plus représenté mais recomposé.
Supports : papier, toile, polyptyques
Une fois la composition définie, le choix du support intervient comme une décision artistique majeure.
- Le papier offre des transparences fines et une grande sensibilité aux superpositions.
- La toile apporte une présence plus physique, une couleur plus incarnée.
- Certains formats deviennent des polyptyques, fragmentant l’image pour mieux souligner l’idée de corps éclaté, recomposé par la couleur.
Chaque support influence la respiration de l’œuvre et la manière dont la couleur circule.
Colorimétrie : révéler ou dissimuler
La couleur est construite par couches successives, parfois opaques, parfois translucides. Elle sert à cacher un fragment, révéler une tension, orienter le regard, créer un espace intérieur. La décomposition chromatique devient un terrain d’expérimentation.
Références et expansions : Camille Claudel, végétal, motifs
Certaines œuvres s’appuient sur des sculptures de Camille Claudel, dont elles reprennent les volumes et les torsions. Ces références sculpturales se superposent, créant un dialogue entre la ligne et le volume, entre le dessin et la sculpture parfois superposées à des motifs de feuillage.










































